Lorsqu’on est entrepreneur, on se retrouve souvent seul face à nos décisions. Nous devons peser le pour et le contre, prendre des risques ou parfois avoir le courage de dire non. Nous avons parfois l’entourage ou des partenaires qui sont des soutiens ou des bons conseils au moment de faire des choix. Mais parfois, nous sommes les plus à même à avoir toutes les cartes en mains pour prendre une décision éclairée…
Encore faut-il connaître tous les mécanismes que notre cerveau déploie pour nous influencer, nous « protéger » et parfois nous emmener vers des mauvais chemins…
Explication !
Vous savez certainement que notre cerveau a différentes parties, dont une, le cerveau reptilien, qui contient notre instinct de survie. Celui-ci va mettre en place des mécanismes qui ont pour but de nous faire réagir plus vite et d’avoir une réflexion plus rapide, grâce à des automatismes dans le but de nous protéger par rapport aux dangers extérieurs. Mais ces automatismes sont souvent des raccourcis qui biaisent la réalité, la logique ou nos sentiments. On appelle cela les biais cognitifs ou encore biais psychologiques.
Il est intéressant de les connaître pour pouvoir les repérer quand ces mécanismes se mettent en marche afin de pouvoir mieux les contrer et prendre nos décisions de manière plus réfléchie.
En voici donc quelques-uns, ceux qui m’ont fait le plus sourire lorsque je les ai lus (car tellement vrais… 😉)
- Le biais de confirmation : si on a une idée en tête, on va avoir tendance à retenir principalement les arguments qui confirment notre idée et on va minimiser les contre-arguments. Pour contrer ce biais, il faut se forcer à une écoute active de l’ensemble des arguments, ou bien faire une liste écrite des pour et des contre.
- Le biais d’excès de confiance : on a tendance à ne pas se remettre en cause et à conserver ses habitudes. Pour contrer ce réflexe, il faut s’entraîner à se poser une question régulièrement : est ce que ma décision se base sur un fait ou seulement sur mon ressenti ?
- L’escalade d’engagement : ce biais nous pousse parfois à persister dans l’erreur plutôt que d’admettre qu’on a eu tort. Pour éviter l’escalade, il faut être honnête envers soi-même et prendre ses responsabilités, en admettant que l’on a eu tort.
- L’erreur d’attribution fondamentale : j’ai tendance à appeler ce biais, la malhonnêteté intellectuelle ou encore de la mauvaise foi. On a effectivement parfois tendance à reporter la faute sur des personnes extérieures au lieu de se remettre en cause. Pour pallier ce travers, il faut arrêter de toujours vouloir trouver un coupable à tout et chercher plutôt de quelle manière on peut améliorer les choses.
- Le biais de négativité : notre cerveau va avoir tendance à retenir plus facilement les expériences négatives que les plus positives. Vous remarquerez par vous-mêmes que 9 commentaires positifs ne feront pas le poids face à 1 seul commentaire négatif. Celui que vous retiendrez et qui tournera en boucle dans votre tête sera ce dernier. A ce moment-là, vous aurez tendance à prendre une décision par rapport à ce commentaire négatif, en oubliant que 9 autres clients étaient satisfaits. Pour le contrer, une des solutions est également de lister tous les points positifs et négatifs de votre prise de décision.
- Le biais de Statu Quo : en tant qu’ancienne comptable, je m’amuse souvent à appeler ce biais, la permanence des méthodes qui est un des 10 principes fondamentaux de la comptabilité. Alors, autant ce principe est fondamental en comptabilité, pour pouvoir comparer une année à une autre, autant dans un autre cadre, ce biais va avoir tendance à vous conforter dans un immobilisme et à vous ralentir dans vos projets, vos envies d’amélioration ou vos besoins de changement. Pour contrer ce biais, il est possible d’établir un arbre de décision, en indiquant les conséquences de chaque choix, sans oublier de rajouter une branche intitulée « ne rien changer ».
- Le biais de l’aversion à la perte : ce réflexe nous montre qu’il est plus difficile psychologiquement d’accepter de perdre quelque chose plutôt que de gagner quelque chose. Certainement que le dicton « on sait ce qu’on perd, mais on ne sait pas ce qu’on gagne » y est pour quelque chose. Donc, naturellement, notre cerveau va mettre en place un principe de prudence qui va parfois nous freiner dans nos projets par manque de confiance.
Maintenant que nous avons vu ces principaux biais cognitifs, je suis certaine que vous ne prendrez plus vos décisions à la légère ! 😉

